Salaire, dividendes, ou les deux ? Pour le président de SASU, ce choix de rémunération est avant tout une décision fiscale, aux conséquences importantes. Voici comment arbitrer entre salaire et dividendes en SASU sur le plan fiscal, avec un exemple chiffré.
Sommaire
ToggleDeux modes de rémunération, deux fiscalités
Le président de SASU peut se rémunérer de deux façons, au traitement fiscal radicalement différent :
- Le salaire : soumis aux charges sociales (président assimilé salarié) et à l’impôt sur le revenu, mais déductible du résultat de la société.
- Les dividendes : versés sur le bénéfice après impôt sur les sociétés, soumis au prélèvement forfaitaire unique, mais qui échappent aux cotisations sociales en SASU.
Comprendre cette différence est la clé de l’arbitrage fiscal. Détaillons chaque option.
Le salaire : déductible mais chargé
Le salaire que se verse le président présente un double visage fiscal :
- Avantage : il est déductible du résultat de la société, ce qui réduit le bénéfice imposable, donc l’IS. Il ouvre aussi des droits sociaux (retraite, prévoyance).
- Inconvénient : il supporte des charges sociales élevées, de l’ordre de 80 % du net. Pour vous verser un net donné, la société débourse donc nettement plus.
Le salaire est intéressant pour réduire l’IS et acquérir une protection sociale, mais son coût social global est élevé. C’est un arbitrage entre protection et charges.
Les dividendes : moins chargés mais après IS
Les dividendes suivent une logique inverse :
- Avantage : en SASU, ils échappent aux cotisations sociales (contrairement à l’EURL). Ils ne supportent que le prélèvement forfaitaire unique de 30 % (ou le barème progressif sur option).
- Inconvénient : ils sont versés sur le bénéfice après IS (le bénéfice est déjà amputé de 15 % ou 25 %), et n’ouvrent aucun droit social.
Les dividendes paraissent donc moins taxés, mais le bénéfice a déjà subi l’IS, et vous ne cotisez pas pour votre retraite. C’est un arbitrage entre optimisation immédiate et protection à long terme.
Un exemple chiffré
Prenons une SASU avec 50 000 € de bénéfice disponible, distribué en dividendes :
- IS : 15 % sur 42 500 € (6 375 €) + 25 % sur 7 500 € (1 875 €) = 8 250 €.
- Bénéfice après IS : 41 750 €.
- Flat tax 30 % sur les dividendes : 12 525 €.
- Net perçu : environ 29 225 €, mais sans aucun droit social acquis.
À l’inverse, verser ce montant en salaire coûterait plus cher à la société (charges sociales), mais réduirait l’IS (charge déductible) et ouvrirait des droits. D’où l’intérêt d’un calcul personnalisé. Anticiper ces montants fait partie d’une bonne anticipation de ses charges fiscales.
Comment arbitrer ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Quelques repères selon vos priorités :
- Besoin de protection sociale (retraite, prévoyance) → privilégier une part de salaire.
- Optimisation à court terme et protection par ailleurs → les dividendes peuvent être avantageux.
- Revenus réguliers nécessaires → le salaire sécurise ; les dividendes dépendent du bénéfice.
- Situation optimale → souvent un mix salaire + dividendes, calibré au cas par cas.
Le bon arbitrage dépend de votre situation personnelle, de vos besoins et de votre horizon. C’est l’un des principaux leviers d’une optimisation fiscale sans risque.
L’importance du calcul personnalisé
Au-delà des principes, seul un calcul tenant compte de votre situation (revenus souhaités, autres revenus du foyer, besoins de protection) permet de trancher. C’est un domaine où l’accompagnement d’un comptable se rentabilise vite : un bon arbitrage peut représenter plusieurs milliers d’euros d’écart par an. Ne choisissez pas au hasard ce qui mérite un vrai calcul.
FAQ
Salaire ou dividendes : lequel est le plus avantageux fiscalement ? Cela dépend de votre situation. Le salaire est déductible et ouvre des droits, mais coûte cher en charges ; les dividendes échappent aux cotisations (flat tax 30 %) mais n’ouvrent aucun droit. Un mix est souvent optimal.
Les dividendes de SASU sont-ils soumis à cotisations sociales ? Non. C’est un avantage spécifique de la SASU : les dividendes ne supportent que le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, sans cotisations sociales.
Le salaire réduit-il l’impôt de la société ? Oui. Le salaire est une charge déductible qui diminue le bénéfice imposable, donc l’IS. Les dividendes, eux, sont versés après l’IS.
Faut-il se verser uniquement des dividendes ? C’est possible mais risqué : vous n’acquérez alors aucun droit à la retraite ni à la prévoyance. Une part de salaire est souvent recommandée.
